Réformisme et rénovation (R2)

Pour un socialisme pragmatique : prolonger la motion 4 dans le PS
 
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 Tribunes, articles jmb et R2

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MessageSujet: Tribunes, articles jmb et R2   Dim 16 Juil - 22:25

Salut à tous,

Bon, j'ai transformé la tribune en communiqué de presse (ci-joint) et nous avons poussé fort: long article hier dans les DNA, dépèche AFP ci-dessous...
Un peu too much à mon goût mais voilà :-)

N'hésitez pas à utiliser la tribune ou le communiqué: diffusion section / fédération / boucles Internet
... de nouveaux membres ont rejoint R2 à cette occasion !

Jean-François PASCAL


Bockel critique le projet du PS et s'associe avec un centriste et un UMP
AFP 30.06.06 | 11h52





Le sénateur-maire socialiste de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, a critiqué vendredi le projet socialiste pour la présidentielle, quelques jours après avoir créé un "Comité d'action pour la modernisation de la France" avec les sénateurs Christian Blanc (app. UDF) et Alain Lambert (UMP, sarkozyste). Les trois sénateurs veulent "créer les conditions d'un sursaut collectif" d'ici l'élection présidentielle et prônent une réforme "globale et cohérente" pour remédier au "patinage de l'économie française", refondre les modes de fonctionnement de l'Etat et réduire le poids de la dette, qui atteint un niveau "insoutenable". "La méthode des petits pas est vouée à l'échec car chaque petit pas se heurte à l'incompréhension --et donc aux résistances-- des populations concernées. Tant et si bien que la succession de petits pas se termine par un piétinement inefficace, coûteux et démoralisant", avertissent les trois signataires dans un appel lancé en prélude à un "manifeste pour la modernisation" qui sera rendu public en janvier 2007. "Les dernières déclarations de Lionel Jospin m'ont définitivement convaincu que Ségolène Royal incarne l'avenir, ou au moins un renouveau possible du parti socialiste", a par ailleurs déclaré M. Bockel vendredi à l'AFP. Appelant les socialistes à "une plus grande audace réformiste", le sénateur-maire de Mulhouse a dénoncé "les vestiges d'un socialisme rigide" qui entachent, selon lui, le projet du PS et les orientations de M. Jospin. M. Bockel s'en prend notamment au "fétichisme du rassemblement de la gauche", émet de "sérieuses réserves sur la crédibilité budgétaire du projet" et "regrette le mélange d'idéologie et de volontarisme rigide qui commande l'extension des 35 heures, ou encore la réintroduction du contrôle public à 100% d'EDF".


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MessageSujet: Re: Tribunes, articles jmb et R2   Dim 16 Juil - 22:25

Tout, vous saurez tout:

- La tribune cosignée avec Christian BLANC et Alain LAMBERT

- L'article des DNA en pdf (à suivre > fichier trop lourd)

Jean-François PASCAL




Pièce jointe(n'a pas été stocké)
Tribune-CB-JMB-AL.doc
Type:
application/msword
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MessageSujet: Re: Tribunes, articles jmb et R2   Dim 16 Juil - 22:26

Ca va : il a pire à droite que Lambert (son blog est lisible http://
www.alain-lambert-blog.org/ ) ou Blanc.

Juste un point qui m'énerve est celui de la dette, ou JMB y va un peu
fort. Il peut y avoir de "bonnes dettes" si elles permettent de
construire qq chose d'utile (de s'enrichir ...). D'autant que
l'argent emprunté "coûtera moins cher " lorsqu'il sera remboursé.
Mais si elle sert à boucher des trous et permettre d'appliquer de
mauvaises politiques démagogiques, c'est une catastrophe.

Bref ce n'est pas son MONTANT qui est en cause, mais sa NATURE.

j'aime bien cette analogie (fausse comme toute analogie et que j'ai
déjà faite ici peut être ?) : lorsqu'on emprunte pour acheter un
appart, c'est nécessaire et utile. On ne s'appauvrit en rien. si on
accumule les prêts à la consso plutôt que d'économiser ou cher cher
un taff tout de suite, on ne fait que reporter les pbs en prenant des
risques...


Bon WE
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MessageSujet: Re: Tribunes, articles jmb et R2   Dim 16 Juil - 22:32

Réforme, septembre 2005

Citation :
Actualité - Economie : l'état de la France

Jean-Marie Bockel : « La gauche est à la traîne »

Plaidant pour un aggiornamento social-libéral de la gauche française, le sénateur maire socialiste de Mulhouse n’espère rien de l’actuel gouvernement. En attendant une révolution des esprits à gauche et dans l’opinion publique… dans quelques années. Quant à Bernard Perret, économiste, il constate l'absence de consensus social en France.

par Jean-Luc MOUTON, propos recueillis

Je considère la gauche française aujourd’hui comme complètement à la traîne en Europe. Elle n’a pas su renouveler sa pensée depuis des décennies alors que, dans le même temps, l’ensemble de la gauche européenne effectuait sa mue. En effet, quelles que soient les nuances et les différences qui existent entre les uns et les autres, les partis de gauche européens – hors la France – sont tous grosso modo entrés dans une démarche sociale-libérale. Une démarche qui allie à la fois la force et la créativité du marché à la protection sociale. Sans la création de richesses, il ne peut y avoir aucune solidarité, aucun partage, aucune politique publique. Mais, sans règles, sans régulation du marché et de la concurrence, pas de possibilité non plus de politiques publiques dignes de ce nom et de solidarité. C’est cela même qui constitue la démarche sociale-libérale. Je considère ainsi que la démarche de Tony Blair, si elle n’est pas exportable en tant que telle en France, demeure intéressante dans la mesure où cet engagement a d’abord été précédé d’une rénovation de la pensée travailliste. C’est grâce à cet aggiornamento que les travaillistes ont pu revenir au pouvoir à partir d’un programme et d’engagements précis. Cette politique s’est avérée efficace dans ce pays, y compris sur le plan social dans le dernier mandat de Tony Blair. Une politique que je considère tout à fait digne d’un parti socialiste. Mais c’est une réalité que les socialistes français n’ont pas encore intégrée ni dans leur action, ni dans leur pensée, ce qui est plus préoccupant.

Le piège de l’extrême gauche

Pourquoi cette différence avec le reste de la gauche européenne ? Peut-être par manque de courage et par conformisme intellectuel. On l’a bien vu au cours du débat sur le référendum : cette impression que la gauche a toujours été à la traîne de l’extrême gauche, toujours sur la défensive, toujours en train de se justifier de supposées dérives libérales. Les socialistes se laissent entraîner dans ce piège parce que le parti socialiste n’a pas de doctrine sur le sujet. Il se contente d’un discours antilibéral sans même avoir débattu en interne de la définition même du libéralisme économique. En réalité, la gauche française se situe toujours dans l’horizon du marxisme, soit pour s’en départir, soit pour le nuancer, ou l’adopter purement et simplement. Il reste étonnamment présent dans les débats, alors que la plupart des socialistes français ne sont plus marxistes. Sans autre horizon disponible et discuté, la gauche française est comme paralysée et sans perspectives.

Je répète depuis maintenant huit ans aujourd’hui que la gauche n’a pas fait son aggiornamento idéologique… Avouons-le, je suis encore un peu isolé ! En France, le seul frein pour faire avancer ce mariage de la compétitivité économique et une plus grande protection sociale est dans les esprits. Pas seulement dans l’esprit du gouvernement, mais aussi dans celui des syndicats, dans l’opinion publique. Mais une telle évolution des mentalités ne peut se faire aujourd’hui que dans le cadre d’une campagne présidentielle. Il faudrait axer le projet de gouvernement sur un véritable programme libéral et social, avancer des mesures concrètes et, une fois élu sur cette base-là, s’engager à le réaliser. En dehors de cette démarche-là, et d’un contrat clair avec l’opinion, je ne vois pas comment un gouvernement pourrait parvenir à faire bouger la société française. En tout cas, pas dans le contexte actuel. Un gouvernement comme celui de Dominique de Villepin n’a absolument pas la capacité aujourd’hui de changer vraiment les choses. Il arrive plutôt en fin de règne et n’a pas reçu de mandant légitime à travers une élection.

J’attends seulement que la gauche puisse se donner les moyens de préparer une éventuelle reconquête du pouvoir sur un contrat clair et de type social-libéral. Mais je ne suis pas vraiment sûr qu’elle y arrive dans les deux ans d’ici à la présidentielle. Je ne suis pas sûr non plus que le prochain congrès permette la clarification indispensable. En Angleterre, le changement de paradigme du parti travailliste a pris 17 ans. Espérons qu’il faille moins de temps à la gauche française. Mais elle y viendra, sinon elle mourra.


A la recherche du consensus social

Pour l’économiste Bernard Perret, associer flexibilité et sécurité suppose un consensus social qui n’a pas encore vu le jour en France.

La question posée est toujours la même : comment rendre le marché du travail plus fonctionnel, c’est-à-dire plus flexible, tout en assurant plus de sécurité pour les chômeurs ? Il a plusieurs manières de répondre à cette question.

Celle du Workfare anglo-saxon est fondée sur des incitations individuelles à reprendre un travail et un système d’aides sociales très personnalisé. La prime pour l’emploi ou le RMI relève un peu de cette méthode, on part du principe que l’un des obstacle à la création d’emploi, c’est que les chômeurs eux-mêmes ne veulent pas travailler à n’importe quelle condition. Stratégie axée sur l’incitation.

Le modèle nord-européen, danois ou scandinave, suppose également davantage de flexibilité, c’est-à-dire davantage de facilités pour les entreprises à embaucher et à licencier quand elles le souhaitent, et davantage d’incitations pour les employés à changer de travail. Et une forte pression sociale exercée sur les chômeurs pour qu’ils acceptent ce qu’on leur donne en réalité. La différence se situe dans l’accompagnement des chômeurs par la collectivité qui les prend en charge sur le plan financier, et sur le plan de la formation.

Nécessaire flexibilité

A la différence de ces exemples sociaux-libéraux, le marché français offre la caractéristique d’être très dualiste. Il existe en France beaucoup de contrats à durée déterminée et de plus en plus de petit boulots d’intérim et, à côté de ces « précaires », un emploi ultraprotégé dans les grandes entreprises ou ailleurs, qui rend le marché de l’emploi rigide.

Que l’on soit de droite ou de gauche, on est bien obligé de reconnaître que si les entreprises peuvent débaucher plus facilement elles embaucheront aussi plus facilement. Je pense qu’une certaine flexibilité manque au marché de l’emploi en France, ce qui ne veut pas dire qu’il ne puisse pas y avoir débat sur la manière de l’obtenir : dans quelles conditions cela peut être négocié, régulé, et accompagné de garanties importantes pour les salariés ?

Pour qu’une telle négociation ait lieu sur des sujets aussi délicats, il faut une réelle acceptation de l’ensemble des acteurs, services publics, partenaires sociaux, opinion… C’est en tout cas ce qui s’est passé dans les pays nord-européens. Une telle politique ne peut être qu’une politique consensuelle. Le fameux modèle danois que l’on découvre en France aujourd’hui sous le vocable de « flexicurité » suppose ainsi des concessions de tous côtés et une démarche qui emprunte à la fois aux idéaux de droite et de gauche : il y a du prélèvement social, un effort public très important et, de la part des salariés, une acceptation de changement profond des règles du jeu.

Autant dire qu’un pareil consensus est hors de portée de l’actuel gouvernement qui n’est pas en début de mandat présidentiel ou de législature, et ne dispose pas de la confiance des partenaires sociaux. Seul point positif, c’est la première fois qu’un Premier ministre propose de regarder ailleurs et d’évaluer sérieusement l’ensemble des politiques de l’emploi disponibles.
Propos recueillis par Jean-luc Mouton

Bernard Perret est économiste, chargé de mission au ministère de l’Equipement, des Transports et du Logement.




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MessageSujet: Re: Tribunes, articles jmb et R2   Dim 20 Aoû - 12:49

Chers amis,

Voici un commentaire signé par Jean-Marie Bockel (via l'intercession
JF) et publié aujourd'hui par Les Echos concernant le projet que le
parti vient d'adopter récemment. Beaucoup vont se retrouver.

J'ai mis le texte dans le corps du message et ai aussi indiqué le lien
ci-dessous, pour le retrouver sur le site dans une mise en page plus
agréable à la lecture.

Bien à vous.


Maurizio Rofrano



Citation :
Camarades, encore un effort !


Avec le projet du Parti socialiste, nous nous réjouissons de voir
s'esquisser un socialisme en prise sur le monde d'aujourd'hui. Un
socialisme qui défend le rôle des corps intermédiaires, la souveraineté
des territoires, la croissance fondée sur l'innovation, les protections
professionnelles adaptées à la mondialisation. Cette dynamique anime la
social-démocratie d'Europe du Nord. Mais notre projet ne lui donne pas
encore toute sa place. Des scories et des lourdeurs, vestiges d'un
socialisme rigide, entravent notre réformisme résolu. A commencer par
le fétichisme du rassemblement de la gauche. Nous sommes socialistes et
cela devrait suffire à nous définir. Assumons notre réformisme. Non, la
gauche radicale n'est pas notre seul destin. Oui, toutes les alliances
sont possibles, au cas par cas, y compris avec le centre, dès lors que
nous sommes fidèles à nos valeurs et à notre méthode d'action.

Nous aimons faire naître l'idéal du possible. Commençons par fonder nos
propositions de réforme sur une vraie crédibilité budgétaire. Le retour
à la croissance espéré et la réforme fiscale projetée comportent un
réel degré d'incertitude. Nous ne pouvons plus financer par la dette de
fausses avancées sociales qui seraient autant de traites tirées sur
l'avenir des nouvelles générations. Attention aux leurres : la
croissance ne se décrète pas à travers la seule relance du pouvoir
d'achat, la hausse des recettes est toujours plus incertaine que la
diminution des dépenses. La relance de l'emploi marchand (PME et TPE
notamment) et la réforme de l'Etat seront à ce titre nécessaires.

Avec justesse, certains archaïsmes de notre projet ont été pointés,
mélanges d'idéologie et d'une conception rigide du volontarisme
politique. Ainsi, l'extension des 35 heures constitue, dans sa
formulation actuelle, un signe très malvenu de dirigisme aveugle. Oui,
les 35 heures sont souhaitables lorsqu'elles sont possibles,
c'est-à-dire adaptées à la réalité des entreprises et des branches,
lorsqu'elles sont issues d'un accord négocié, et qu'elles ne
s'accompagnent pas d'un gel des revenus ou d'une trop grande
pénibilité. Sans oublier que seule l'augmentation de la productivité ou
du temps travaillé dégagera de nouvelles ressources pour financer la
protection sociale. Développons plutôt le temps choisi tout en
favorisant l'augmentation des bas salaires et l'amélioration des
conditions de travail des salariés les plus exposés.

De même, la réintroduction du contrôle public à 100 % d'EDF obéit
davantage à un symbolisme obsolète qu'au mieux-disant économique et
social. S'il est légitime que l'Etat définisse la stratégie et
détermine les choix de gestion, cela n'exclut pas une ouverture
maîtrisée du capital favorable aux investissements et au développement.
Plus généralement, cessons d'établir l'équivalence absolue entre
service public, propriété publique et monopole. Sans dogmatisme, nous
devons envisager la possibilité (ou non) de déléguer les missions de
service public et d'ouvrir des services à la concurrence en fonction de
l'intérêt conjugué des clients et des salariés. En rappelant au passage
que le contribuable paye souvent ce que le client croit économiser.

Autre scorie, issue de la culture protestataire et de la rhétorique de
la table rase, la litanie des abrogations entame le crédibilité de
notre conception de l'action politique. Ainsi, proposer l'abrogation de
la loi Fillon sur les retraites entretient une coupable illusion. Les
Français attendent la vérité : face aux évolutions démographiques,
l'allongement de la durée de cotisation est inéluctable mais la
construction, avec les partenaires sociaux, d'une retraite à la carte,
toujours fondée sur la solidarité, est possible. De même, l'abrogation
du CNE, au regard de sa faible efficacité économique et de son fort
coût social, ne suffirait pas. Il est nécessaire de proposer un nouveau
compromis entre mobilité et sécurité. Un CDI unique, avec des garanties
plus souples et évolutives, assurerait une réelle sécurité, notamment
en termes de formation et de transition professionnelle.

Le Parti socialiste doit proposer un programme de refondation sociale
et de renouveau démocratique. Les nouveaux militants qui nous ont
rejoints sont prêts à toutes les audaces que donnent la vérité et la
volonté. Ne les décevons pas, ne décevons pas tous les Français qui
attendent aujourd'hui une politique de mouvement et d'actes.

JEAN-MARIE BOCKEL est ancien ministre, maire de Mulhouse, sénateur du
Haut-Rhin.

http://www.lesechos.fr/info/rew_france/4453134.htm


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MessageSujet: Re: Tribunes, articles jmb et R2   Dim 20 Aoû - 12:58

Bonjour à tous,

Pour inaugurer mon retour progressif au boulot (une petite semaine...), l'interview donnée par JMB au Figaro publiée dans l'édition du 29 juillet:

http://www.lefigaro.fr/france/20060729.FIG000000502_bockel_le_candidat_ps_devra_se_demarquer_du_projet_du_parti.html

Tout cela nous fait une excellente rampe de lancement pour La Rochelle :-)

A très vite pour la suite.

Jean-François PASCAL


Citation :
Jean-Marie Bockel, sénateur maire PS de Mulhouse, souhaite que le candidat de son parti pour la présidentielle soit «animé par la volonté de réforme».

Le Figaro. – Vous retrouvez-vous dans le projet politique du PS ?

Jean-Marie BOCKEL. – Il y a eu un vrai travail et on y trouve des mesures intéressantes. Mais l'esprit du projet socialiste me paraît critiquable et il ne doit pas inspirer le candidat que je soutiendrai. Car il n'est pas adapté aux enjeux de la France d'aujourd'hui.

Ce projet vous paraît-il trop à gauche ?

Une fois de plus, la majorité du PS a fait des concessions à sa gauche. Bien que minoritaire, celle-ci donne le ton. Nous nous retrouvons dans la culture de la dépense et de la redistribution publiques, alors que les priorités devraient être de moderniser la France, réformer l'Etat et parachever la décentralisation. Toutes réformes qui seraient plus facilement engagées par un gouvernement de centre gauche moderne que la population ne soupçonnerait pas d'abandonner l'essentiel du modèle social français. En ne prenant pas cette direction, le projet handicape d'emblée notre candidat. Pour avoir une chance de l'emporter, il devra se démarquer du projet.

Est-ce la raison pour laquelle vous avez, avec le député UDF Christian Blanc et le sénateur UMP Alain Lambert, appelé à «la modernisation de la France» ?

Ce n'est pas la seule raison. Nous plaidons pour un esprit de réforme raisonnable. Quel que soit le prochain gouvernement, il devra s'atteler à cette tâche. Au moment de la crise des banlieues, j'avais affirmé que, pour avancer sur la voie des réformes, il fallait un minimum de consensus politique. Certaines, comme la réforme de l'Etat, ne se feront pas en cinq ans. Et le travail pour retrouver une cohésion sociale dans nos villes par rapport aux problèmes de l'intégration, de l'emploi, de l'éducation, nécessitera au moins une génération. Pour éviter que le pays soit dans la rue dès qu'on engage une réforme difficile mais nécessaire, il faudra, sur des sujets comme la protection sociale, une union entre les forces politiques, comme en Allemagne, où certaines réformes se sont faites sans drame. Est-ce que ce sera sous la forme d'un accord entre majorité et opposition ? Ou sous la forme d'une union nationale pendant un temps court ? A voir.

Votre appel a-t-il été entendu ?

Pour ma part, j'ai rarement eu autant de réactions à une prise de position. Nous y reviendrons à la rentrée sous la forme d'un manifeste plus détaillé. Dans ma famille politique, certains m'ont mis en garde. Toute initiative qui transcende les lignes n'est pas bien vue par les gardiens du temple.

Quel candidat socialiste vous paraît-il le mieux à même de conduire cette modernisation ?

Je n'ai pas encore pris parti car je veux être certain que le candidat ou la candidate sera animé par cette volonté de réforme et prendra en compte de manière suffisante l'esprit de gauche moderne. Fabius, après avoir été le premier social-libéral déclaré, est à l'opposé de ces idées. Dominique Strauss-Kahn ne s'est jamais déclaré comme tel. Il a tellement le souci de ne pas déplaire, de ne pas se couper de l'électorat interne, qu'on ne sait plus où il est.

Et Ségolène Royal ?

Ségolène a soutenu publiquement, dans certaines prises de position, des idées qui ressemblent à celles que je défends depuis des années. Mais j'attends d'en savoir plus sur son projet politique. Un candidat doit, certes, rassembler, mais elle est soutenue par beaucoup de gens différents, dont Arnaud Montebourg. Certains sont sincères, d'autres moins...

Il faut qu'elle dise, sur les sujets essentiels, ce qu'elle fera si elle est élue. Elle doit être clairement une candidate de la gauche moderne, à la manière d'un certain nombre de sociaux-démocrates européens qui ne plaisent pas à la gauche du Parti socialiste. Je pourrais la soutenir, dans ces conditions, de manière claire et nette.

Vos idées sont-elles partagées au PS ?

Si, dans la campagne présidentielle, mes idées restaient marginales à gauche, il y aurait du souci à se faire. Et j'en suis triste d'autant qu'à droite, le candidat potentiel se positionne clairement et sans complexe, y compris dans son livre, sur un discours de réforme. Nicolas Sarkozy a pris une longueur d'avance.

Le sentez-vous en capacité de réformer la France en profondeur ?

Fidèle à ma famille politique depuis trente-trois ans, je n'ai pas de leçon à recevoir de mes amis. Comme maire d'une ville qui vit les questions sociétales en première ligne, et comme président des maires des grandes villes, je ne pense pas qu'on gagne à diaboliser le concurrent sur des problèmes aussi complexes. Ce serait même jouer aux apprentis sorciers si l'on aspire à gouverner
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