Réformisme et rénovation (R2)

Pour un socialisme pragmatique : prolonger la motion 4 dans le PS
 
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 Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme

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MessageSujet: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 15:32

Après des commentaires entousiastes ou sceptiques sur les prises de
position de Bockel sur le blog IES.

"Effectivement, beaucoup de ces commentaires sceptiques sont vrais.

Pourtant je pense que le changement doit venir de l'intérieur aussi.
L'initiative IES est intéressante, mais elle ne suffit pas.


Dans le PS, il y a eu beaucoup de nouveaux adhérents, et des choses
changent. Pour appuyer ce mouvement, tenter l'aventure, le mouvement
réformisme et rénovation, dont je fais partie , "bockélien" souhaite
s'institutionnaliser, se transformer en courant dans le PS à
l'occasion de La Rochelle.

Nous avons un blog en construction : http://rfrn.over-blog.com
Nous avons mis IES en lien, je vous invite à faire de même si c'est
possible.


Nous avons également un projet qui avance d'ouvrage social-libéral
pour début 2007. Marc d'Herré est convié à faire un court chapitre
sur l'Europe, par exemple, s'il le souhaite. (voir blog)


Dans le PS nous avons un travail important de sape des rhétoriques
archaïques, d'opposition aux anti-libéraux primaires. C'est
important d'instiller le doute, le débat plutôt qu'une certitude
unanime. Nous permettrons à de nombreux socialistes, échaudés par le
référendum TCE, de revenir vers un discours plus libéral que nous
devons dédiaboliser. Le temps et les nouveaux adhérents jouent pour
nous.
Nous faisons un travail insidieux de proposition.


Nos deux démarches sont complémentaires, voire plus.

Cordialement

Romain, Réformisme et rénovation."


Dernière édition par le Mar 5 Sep - 16:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 15:33

Chers amis,

Je viens de croiser Jean-François au Sénat qui m'a transmis les documents définitifs à distribuer à La Rochelle.

Plusieurs remarques que j'aurais l'occasion de renouveler à l'apéro de samedi:
- je crois que R2, qui vient juste de naître, à vocation à rassembler le + de militants possible pour ensuite pouvoir peser au sein du parti. Aussi, les références au social-libéralisme peuvent-elles crisper certains militants qui pourtant pourraient partager nos positions sur le fond. Elles peuvent également nous enfermer. Ne pas oublier le % de la motion 4.
- de plus, la référence à la motion 4 nous renvoie au passé puisqu'il y a eu la synthèse au Mans.
- enfin sur les 20 propostions, certaines me paraissent trop radicales notamment sur la réforme de l'Etat et de la fonction publique (propostions 6 et 7). Nous risquons de braquer des militants et de se faire étiqueter à la droite de la droite de la gauche.

La question principale est de savoir ce que nous voulons faire de se courant : suppléer à terme le courant socialisme et démocratie? (nous aurons peut-être l'occasion de le faire, après la désignation des candidats, si dsk n'est pas retenu ce que je ne souhaite évidemment pas!); Si oui, nous devons avoir une démarche + ouverte et être moins "violent" ou "trancher" dans nos positionnements.

Aussi, je propose de supprimer toute référence (dans les tracts et le blog) au social libéralisme et à la motion 4 et de parler de socialisme pragmatique qui "effraie" moins.
Nos propositions sont suffisamment claires pour que nous soyons identifiés. Attendons peut-être que les militants soient prêts à entendre certaines terminologies. Il me semble que ce n'est pas encore l'heure.

Claire
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MessageSujet: Re: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 15:40

Bonsoir a tous,

Quelques remarques sur notre positionnement :

- oui le mot "liberal" fait peur car il n'est entendu ou pense qu'a travers "liberalisme economique" tel qu'il est pratique en realite aujourd'hui. Il s'agit d'un simple "laisser-faire/laisser passer" cher aux economistes neo-liberaux, c'est a dire la deregulation la plus poussee possible sous couvert de concurrence alors que ce n'est que la loi du plus fort. La force des discours alter mondialiste et leur soi-disant campagne "anti-liberale" a fait le reste pour condamner le terme liberal.

Or, nous ne sommes pas de cette lignee la, nous pensons que c'est a travers les lois, la regulation que l'homme est libre et que l'initiative n'est pas seulement collective mais aussi individuelle car c'est un moyen de situer et d'exercer la responsabilite. C'est la meilleure reponse a l'irresponsabilite collective secretee par l'ultra-liberalisme et la droite aujourd'hui.
Donc, affirmons nous comme des liberaux et conservons notre ligne d'un socialisme pragmatique, d'ou notre terme social-liberal a affirmer haut et fort.

Partir des realites, agir dans le sens de l'efficacite par des regulations qui garantissent l'initiative , l'egalite des chances et le progres cad un socle social negocie et partage par tous les acteurs, voila notre route pour defendre et conforter le progres. Pour ma part, ce chemin n'est pas possible hors du projet europeen. Jamais la competition fiscale entre pays europeens n'a ete aussi forte ( Tx d impot sur les benefices en allemagne 15% en france 33% ..), la mise en place de la finul au liban montre l'etat lamentable de la diplomatie francaise et europeenne. etc... le monde n'est que la reserve des USA.
Le non au referendum a tout simplement permis de realiser plus vite et brutalement tous les mecanismes que rejettaient les partisans du NON.

Le pragmatisme est notre methode, notre mode de fonctionnement; le social-liberalisme est notre colonne vertebrale.
Si nous associons aussi davantage liberalisme au mot liberte nous passerons mieux aupres de certains effarouches en interne du PS notamment.

- attention a ne pas nous marginaliser en ne pointant que certains sujets. Nous devons developper une vision globale. Nous n'y sommes pas encore et le livre en preparation sera un acte important pour aller dans ce sens.
- nous devons rester ouvert bien sur car aujourd'hui ceux qui defendent DSK ou segolene ont davantage a faire en commun qu a s'etriper comme des chiffonniers.
- la reference a la motion 4 et a JM Bockel n'est pas a renier ou a cacher. La est la source et je ne vois pourquoi on mettrait tout ca au placard !!. Assumons avec serenite et sans rancune , ni aigreur.
- les propositions sur les services publics me paraissent tres pertinentes, je ne les trouve pas si radicales que cela. Il y a au fond bcp de fonctionnaires qui n'attendent que cela. Ce qui est fondamental, c'est comment on presente les choses, les mots. Reformer le service public ne veut pas dire que ts les fonctionnaires sont nuls. C'est leur donner les moyens de mieux repondre aux besoins de notre pays et de renforcer leur utilite dans le systeme economique francais.

Enfin, j'ai passe l'interview de JMB a de nouveaux adherents de ma section. Ils sont agreablement surpris par ce franc-parler et se sentent en phase avec ce discours. Ils trouvent que le projet du PS doit etre, je reprends leur terme, "recentre".

PH
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MessageSujet: Re: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 15:40

« Parce que « dire ce que l'on fait et faire ce que l'on dit » suffirait à la rénovation du
socialisme français».
Extrait du texte de la Motion IV, Jean-Marie Bockel

Cette phrase était ancre dans ma mémoire, je n'ai pas beaucoup cherché pour la retrouver.
Amicalement
Léoneck
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MessageSujet: Re: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 15:41

Cher Philippe,

je suis bien d'accord avec le fond de ton message. Je voudrais toutefois
rebondir sur un point de forme qui n'est pas sans importance. Ce que tu dis à
propos du "néo-libéralisme" me paraît tout bonnement erroné, que ce
soit sur le
plan sémantique comme sur le plan de la réalité économique et politique.
J'utilise le mot "erroné", qui est un peu péremptoire, parce qu'il y a bien
erreur d'analyse, même si elle n'empêche pas d'avoir un raisonnement
intéressant par ailleurs. Je souhaite commenter cela parce que l'erreur
sémantique et l'erreur de diagnostic en question peuvent jouer sur
l'interprétation de pas mal d'autres phénomènes, ce qui serait regrettable.

I.
L'erreur sémantique tient au fait que l'expression "néo-libéral" ne correspond
pas à grand chose dans l'histoire des idées, alors que les commentateurs qui
l'utilisent semblent tout à fait certains de ce qu'elle veut dire. Je
dois dire
que mes 12+ années d'études supérieures ne m'ont pas permis de comprendre de
quoi il s'agit. J'ai en tout cas compris que le "néo-libéralisme" c'est sans
doute très mauvais.
Dans l'histoire des idées, on trouve plein de référence à des penseurs
libéraux,
en général des philosophes, des économistes, quelques juristes ou sociologues.
Par contre, à la case "néo-libéraux", on a juste une brève parenthèse du côté
des économistes dans les années 1960 et à la rigueur 1970. Le terme n'est
d'ailleurs utilisé qu'en France, ailleurs on parle de "néo-classiques" mais ça
sonnait sans doute trop sympa pour ce qu'on voulait dire ici. Qui sont
donc ces
néo-classiques ? En gros, ce sont des économistes post-keynésiens qui
ont violé
un tabou, en tentant une synthèse avec l'économie classique de Walras & Co. Il
s'agissait surtout d'anciens Keynesiens qui ont voulu montrer que l'approche
keynesienne était compatible avec l'approche classique d'équilibre général,
qu'elle en constituait un cas particulier mais répandu. A côté de ça il
restait
aussi de purs anti-keynesiens comme Milton Friedman (le pape du
"monétarisme").
Finalement tout ça s'est rejoint et a donné le paradigme de base des années
1970. Et l'école walrasso-samuelsono-friedmanienne a donc fini par devenir
tellement classique qu'elle s'est appelée "néo-classique", si tant est que les
"écoles" se donnent des noms.
Evidemment ce sont surtout les profs d'éco qui donnaient les noms. Comme en
France on était à l'époque encore plutôt marxiste, il fallait bien dire à tout
le monde que ces économistes américains c'était n'importe quoi. Donc on
a forgé
l'expression "néo-libéral". Qu'on l'utilise toujours autant dans les discours
français est peut-être significatif de notre état d'avancement scientifique
dans les sciences sociales...
Enfin, je vous passe les épisodes suivant sur la "nouvelle économie
classique",
la "nouvelle économie keynesienne" et toutes les écoles hétérodoxes actuelles.
Toujours est-il qu'aujourd'hui le terme de "néo-libéral" ne désigne plus
personne. On peut l'étendre aux nouveaux économistes classiques, comme la
plupart de ceux qui officient à l'Université de Chicago. Le problème c'est
qu'aujourd'hui, à peu près 90% des économistes de la planète sont
d'accord avec
90% de ce que proposent l'école de Chicago. Les différences concernent des
points extrêmement techniques, pas tellement des questions de justice sociale.
Pour avoir fréquenté des économistes à la Chicago et des économistes
keynesiens, je dois d'ailleurs préciser que les plus à cheval sur la
déontologie, l'éthique et la justice étaient bien les premiers, formés à une
école plus récente, épistémologiquement parlant.
Sur la question de la régulation de la société et donc de l'économie,
l'école de
Chicago ne prétend absolument pas que le laisser-faire est la seule
option. Loin
s'en faut. Cependant tous les économistes (et d'autres) s'accordent à
dire qu'il
existe des modes alternatifs de régulation, des régulations non-juridiques qui
peuvent être plus efficientes que le droit. C'est un peu compliqué à expliquer
ici, mais je peux fournir une biblio à ceux que ça intéresse.
En tout cas, voilà, les "néo-ultra-hyper-libéraux" n'existent pas en tant
qu'école de pensée. Ce qui disent les avoir rencontrés sont comme ceux qui
disent avoir rencontré des martiens : ou bien ils ont cru en rencontrer mais
leur imagination leur a joué un tour, ou bien ils disent en avoir rencontré
parce que ça les arrange que quelqu'un les croie. Ce qui m'amène à l'erreur de
diagnostic des premiers.

II.
Il n'y a pas de libéralisme excessif dans tous les drames humains que nous
constatons à propos de la pauvreté en Afrique, de la violence aux Etats Unis,
etc. Quand la liberté des uns leur permet de priver les autres de liberté,
n'importe quel libéral crie à l'ignominie. Au contraire, ceux qui
promeuvent de
telles situations créent les conditions d'une privation de liberté, ils
imposent
leurs règles malveillantes. Je ne dis pas que n'importe quelle règle est par
essence malveillante. Je dis que c'est le détournement des règles qui
permet le
mal, à la limite davantage qu'une société sans règle. Les régimes totalitaires
ne sont-ils pas de puissants régulateurs ? La question n'est pas celle de la
quantité de règles, mais celle de la qualité. Une bonne règle est une
règle qui
permet aux acteurs le maximum de liberté, donc le meilleur usage des
ressources
disponibles. Ce n'est d'ailleurs pas tant une question de performance
financière qu'une question de justice morale.
Les injustices de la France actuelle ne proviennent pas, pour la plupart, d'un
manque de règles. Elles proviennent d'un excès de règles. C'est l'existence de
castes (énarques, polytechniciens, tiers-état) qui rend la société immobile et
injuste. C'est le rejet de la concurrence, donc d'une réelle liberté du
commerce et de l'industrie, qui empêche la juste répartition des ressources.
Le libéralisme, le vrai et le seul, c'est la doctrine selon laquelle il faut
mettre les droits fondamentaux de l'Homme au sommet de toute hiérarchie des
normes. Parmi ces droits, la liberté de mouvement, la liberté de penser, mais
aussi la propriété. Le libéralisme est par essence une résistance à une forme
d'injustice. Personne ne prétend que TOUS les libéraux sont d'accord
sur ce qui
est juste et ce qui est injuste. Mais on ne peut pas désigner facilement un
"côté obscur", voué à faire le mal, parce que c'est fun, face à de gentils
libéraux qui rejetteraient l'économie parce que c'est le terrain des méchants.
La corruption, la violence (illégitime) ce n'est pas le libéralisme. Le
libéralisme, ce n'est pas l'absence de règles. Le non-respect des règles est
une privation de droits, une spoliation. Donc je ne sais pas qui était
visé par
le terme "néo-libéraux", mais il faut le marteler :
Bush n'est pas un libéral, la Banque Mondiale n'est pas libérale, le lobby
industriel français n'est pas libéral, Chirac n'est pas libéral, Sarkozy n'est
pas libéral.
C'est bien pour cela que nous nous opposons à eux quand nous estimons qu'ils
vont trop loin.

Bien cordialement,

LPhC.
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MessageSujet: Re: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 15:41

Bonjour.
Ton message est intéressant. Il est difficile de rebondir sur un texte savant et argumenté, car je sais que tu en sauras plus que moi sur le sujet. Pourtant, si ce que tu dit est vrai au plan théorique et scientifique, il faut le traduire politiquement.

Et là, je ne me retrouve pas avec la thèse que tu défends que je comprends ainsi :" il n'y a pas plusieurs types de libéralismes, il y'en a un qui est optimum, plus ou moins dégradé par les autres théories... "
Tout d'abord car en pratique la mise en oeuvre de théories économiques "pures" a souvent mené à l'échec. La pratique doit négocier avec le réel, et forge ses propres théories. Comme dans toute chose, il n'y a pas de manichéisme, un optimum et des déviances. Il y a bien plusieurs formes de libéralisme, comme il y a eu plusieurs écoles libérales.
Lorsque nous parlons de néo-libéralisme cela a un sens, même s'il ne respecte pas toujours l'histoire des idées économiques : Friedman n'est pas Adam Smith... Cela a le sens qu'on lui donne et qui est accepté.
Pourquoi cette notion serait la seule a n'avoir ni nuances ni diversités, ni contacts avec d'autres ?

Si nous sommes socio-libéraux c'est bien parceque nous pensons que le simple libéralisme n'est pas suffisant, n'est pas adéquat. Que l'on peut apporter autre chose.

C'est une deuxième volet de mon désaccord avec toi : ton texte prône il me semble le libéralisme, dans un but d'efficacité et donc de plus de richesse, donc de justice sociale...
En tant que socio-libéraux, je pense que le raisonnement peut être différent. L'Etat garde son rôle, sa place, l'intérêt général comprend les libertés, mais n'est pas la liberté. Le volontarisme n'est pas un tabou, il est un plus, il donne au politique le moyen d'agir... ( on peut toujours retomber sur un respect d'une liberté : il fait appliquer le souhait démocratique... )

Les préceptes libéraux viennent enrichir ce tableau, pour donner sa juste et efficace place à l'Etat etc...
Donc le social-libéralisme a un sens. Quand au néo-libéralisme, c'est pour le différencier du libéralisme, pour ne pas qu'il soit accaparé par des idées différentes des notres.

Ce texte intéressant pose en tout cas la question de la définition du social-libéralisme, sur deux plans, les bases théoriques et la pratique, que nous devrons travailler.

Cordialement

Romain
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MessageSujet: Re: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 15:43

Louis-Philippe,

Le point semantique que tu souleves est effectivement le bienvenu. Sous l'expression neo-liberaux je pensais surtout aux monetaristes, ecole friedman et ce qui en a derive comme tu l'expliques mieux que ne saurai le faire. En fait, meme le terme ultra-liberal que j'utilse faute de mieux , n'est pas tres juste non plus car en fait ceux que l on pourrait designer comme tels nient en realite le liberalisme. Ils avancent masques. Ils defendent un etatisme sectaire au service d'une caste economique , sociale et politique d'un autre age.
Comme tu le montres bien, le mot 'liberal' a ete detourne de son sens premier, il doit etre rehabillite remis a l'endroit.
On mesure tout le boulot qui nous attend !!!


Sur le point 2. Le processus de privation de liberte que tu decris est l'illustration de cette loi du plus fort dont je parle qui permet a certains d'accaparer la loi ou la norme pour la mettre au service de leurs interets particuliers. La on n'est pas dans un raisonnement liberal pur. Les regulations doivent permettent une egalite de traitement et d'acces aux marches de tous les acteurs. On voit bien que la on est sur un point faible du "liberalisme" car il faut y integrer a tt moment et dans ts les domaines le rapport de force (svt aujourd'hui une forme edulcoree mais plus violente : le lobbying . Encore plus en france car masquee et surnoise, alors que les anglo-saxons pratiquent davantage a jeu ouvert le lobbying . De ce fait, il faut reguler et surtout installer des contre-pouvoirs reels et pertinents.

Quant a la qualite des normes, oui tu as tt a fait raison. Le probleme aussi c'est la contradiction des normes entre elles en france en particulier car nos legislateurs aiment empiler les lois. On a peur de remettre a plat des systemes alors on bricole, on ajoute et on ajoute encore. Bien sur il faut que chaque ministre ait sa Loi ... cette maladie francaise !!.

Quant a chirac et sarkozy ils ne meritent pas que l on les accablent d'affreux liberaux car c est comme le canada dry ca en a juste la couleur mais ce n'est pas le produit vendu. En plus ca depend de la force des vents, de la hauteur des sondages, de ce qu'a dit son meilleur ami de 30 ou 25 ans etc ...bref deux opportunistes purs et durs qui a ce jour n'ont pas reussi grand chose a part s'accrocher au pouvoir en mentant comme ils respirent !!. Quant a bush ..sait-il ce que c est que l'economie ??? alors liberal je crois qu'il n'en n'est pas encore arrive a ce point.
Quand au patronat francais. je suis moins d'accord avec toi, leur position n'est en realite pas si homogene que cela.
Il faut distinguer au moins trois groupes constitues et un groupe en gestation :
- les gds groupes : favorables a la gestion de la deregulation prisonniers qu'ils sont d'un capitalisme financier qui svt detruit l'emploi et privilegie les gains des actionnaires au detriment du projet industriel . Ils souhaitent le maintien dans les modes de decisions d'un etatisme organise -type noyau dur nvelle version d'un capitalisme gaulliste - qui leur permet de copiner allegrement de conseil d'administration en conseil d'administration.
- les pme/artisants : defenseurs d'un capitalisme pur et dur : baisses de charges, absence de reglementation etc ... moins il y a de contraintes mieux ils se portent.
- les independants/tpe : conscients de la necessite de regles du jeu et souhaitent de vraies chances pour l'initiative.
- le secteur solidaire et social : defenseurs d'un liberalisme social ou l'efficacite sociale et economique vont de pair.

Le terme de liberal etant a remettre a l'endroit les etiquettes actuelles sont un peu deplacees. Le medef n'est pas liberal mais le cercle des jeunes dirigeants d'entreprise l'est - dans une acceptation proche de ce que nous pouvons defendre.

Amicalement,
Philippe
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MessageSujet: Re: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 15:43

uste un mot sans rentrer dans le détail théorique, et très riche, de l'échange...

Politiquement, pour ceux qui sont engagés au sein du Parti Socialiste (et donc engagés dans la transformation en courant du "réseau"), nous avons à forger et à déveloper le concept de "socialisme libéral" lié à celui de "socialisme pragmatique". Dans ce cadre (et seulement dans celui là) nous ne sommes ni des libéraux, ni même des socio-libéraux.

Ce qui n'est pas contradictoire avec la rédaction d'un ouvrage thérico-politique ("social-libéral") qui n'est pas lié à un parti...

Attention à ne pas confondre les plans, tout en reconnaissant qu'ils se nourrissent mutuellement: il y a l'espace du débat intellectuel et théorique, tout à fait nécessaire, et l'espace de l'élaboration et de l'action politique.
Un sympathisant ne s'exprime pas de la même manière qu'un militant: une distinction qui évite je crois bien des malentendus...

Bien à tous,

Ce n'est pas une question de tactique: j'ai choisi le PS et non le PRG, IES, les radicaux valoisiens ou l'UDF.
Je suis socialiste ce qui a un sens, historiquement, philosophiquement et politiquement. C'est là le coeur de la démarche politique de R2.

;-)


Jean-François PASCAL
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MessageSujet: Re: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 15:55

Rien à redire, tout à fait d'accord avec tout ça (je ne prétendais pas
que tous
les patrons sont d'accord entre eux, je faisais juste allusion à un "lobby
industriel", qui influence le pouvoir politique en sa faveur, mais ça ne
prétendait pas désigner quelqu'un en particulier).
Friedman n'est pas Smith, mais n'en faisons pas non plus un sale type
au service
des puissants, ce serait trop simpliste. Les économistes ne sont pas des
politiciens, gardons-nous de les juger à travers ce prisme-là.
D'ailleurs, je ne sais pas si vous avez lu l'article du Monde sur les
propositions du Cercle des Economistes, c'est intéressant. Si ça peut
torpiller
les velléités démagogiques d'un Fabius, c'est très bon pour nous.
Bien à vous,

LPhC.
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MessageSujet: Re: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 15:56

Quel débat ! quel enthousiasme !

Comme membre du courant R2 du PS j'adhère complètement à la position de Jean-François sur son positionnement.



Comme membre du club de réflexion, j'ai déjà eu l'occasion de le dire, je crois que le risque principal que nous courons est celui de l'intégrisme libéral. Si c'est pour faire du Madelin, c'est très honorable mais c'est ailleurs.

Pour les libéraux tout court, la place de l'Etat est trop importante, la règlementation trop protectrice etc... Laissons faire et tout ira bien.

Pour un socialiste libéral l'Etat a un rôle à jouer et la règlementation utile.

Alors, la vie est + compliquée pour nous qui devons peser nos décisions pour dynamiser la société et responsabiliser les individus tout en veillant à ce que le développement induit profite au + grand nombre.

Parce qu'il ne faut pas faire d'angélisme ou pêcher par naïveté : lorsque les courbes des indices de développement humain se déconnectent (comme c'est le cas actuellement un peu partout) de ceux du PIB, c'est le fruit des dérèglementations à la Thatcher et à la Reagan. L'intégrisme libéral n'est pas notre voie et la dérèglementation pour elle-même pas notre solution.

Alors libéral, certes je le suis, parce que j'aime que l'individu soit acteur de son développement et de celui de la cité, et aussi parce que le marché a fait la preuve de son efficacité pour assurer le développement des richesses ; mais je suis aussi aussi socialiste parce que je sais bien que la loi de la jungle (ou la loi du plus fort) n'est jamais celle du développement.

Voilà pourquoi j'assume sans complexes et publiquement ma position de socialiste libéral.

cordialement,

Daniel GENDRIN

PS : Quant au terme socio-libéral, pour moi il sonne "libéral qui veut bien faire du social". On comprendra que je ne l'aime pas
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MessageSujet: Re: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 15:59

Bonjour à tous,

Je reviens de vacances et je viens de parcourir toute ma messagerie.

Concernant le débat sur les mots et les définitions. Il faut distinguer ce qu'il y a dans le paquet et l'étiquette que l'on met dessus.
Avant toute chose, je me retrouve totalement dans les derniers messages de Jean-François PASCAL et de Daniel GENDRIN.
Pour ce qui est du produit lui-même, c'est à dire le réseau R2, issu de la motion 4 : il est clairement et avant tout socialiste, il est aussi pragmatique, libéral et humanisme.
- Socialiste (je dirais socialiste du PS) : depuis le départ notre mouvement a pour vocation de faire la promotion de nos idées avant tout au sein du PS, il s'agissait pour moi et pour d'autres d'avoir les moyens de prouver aux militants du PS le bien-fondé de nos idées pour arriver à notre socialiste. Parce que nous travaillons politiquement au sein du PS et nous souhaitons avant tout la victoire de PS aux différentes élections à venir.
- Pragmatique : car nous (membres de R2) avons fait le deuil d'un certain nombre de dogmes étatiques, nous souhaitons mettre en oeuvre une autre politique, une autre économie. Pragmatique parce que nous observons le monde et que nous souhaitons appliquer et mettre en oeuvre les bonnes recettes.
- Libéral : nous l'avons défini non-seulement comme l'une des bases d'un programme économique mais aussi comme une manière d'être et de se comporter politiquement. Nous savons pertinemment que le programme socialiste le sera pour parti, nous souhaiterions qu'il le soit plus.
- Humanisme : parce que nous souhaitons que l'être humain soit le centre de nos objectifs.

Pour ce qui est de l'étiquette, nous avons eu un débat il y a quelques mois ... les conclusions (ce pluriel prouve à lui seul la difficuté de satisfaire l'ensemble des contraintes) :
- il faut caindre que le mot libéral ne soit pas pris dans le sens premier. La polémique sur l'utilisation de ce terme par l'extrême-gauche nous a aussi confortablement occupé.
- le mot libéral traduit effectivement une partie de nos aspirations qui nous distingue relativement bien des autres mouvements du PS.
- corollaire : Quand les mots ne signifient plus ce qu'ils voulaient dire à l'origine il faut les utiliser avec prudence.
- le mot pragmatique traduisant lui aussi relativement correctement notre démarche, nous avions choisi : Pour un socialisme pragmatique).



Remarque pour Christophe CHOMANT, je ne pense pas que la droite française, (ni même celle des états unis) ne soit libéral. Il s'agit plutôt d'une droite très étatique et paternaliste. D'ailleurs où est Madelin ?



A la veille de la création du courant au sein du PS, la formule Réformisme et Rénovation pour un socialisme pragmatique me parait équilibrée.
La création de ce courant reste pour moi l'événement majeur de notre groupe pour 2006.
Grace à lui nous pourrons sans doute rencontrer d'autres camarades, mais aussi d'autres sympathisants. Notre intérêt pour le moment est de propager l'existence de ce courant du PS. Nous avons le sentiment que nous représentons une force réelle (une minorité
silencieuse), oui peut-être ? nous aurons l'occasion de nous en rendre compte prochainement, si le débat autour des présidentiables laisse un peu de temps et de cerveau disponible aux militants-universitaires de La Rochelle pour aller se promener sur les fonds baptismaux de R2.
Pour ce qui est du livre. Il faut s'interroger sociologiquement sur ce que le libéralisme évoque pour le Français moyen ; nous avons proposé une théorie. Il faut aussi je pense regarder l'état d'esprit du français moyen (si auourd'hui plus de 50 % des jeunes veulent devenir fonctionnaires c'est que ça veut dire quelque chose) ; je connais quelque profs de collège et autres focntionnaires, qui ont démarré leur vie professionnelle dans l'espoir de créer leur boutique. Qu'est-ce que le libéralisme veut dire pour eux ? Y-a-t'il quelqu'un parmi nous qui pourrait nous éclairer sur la théorie de la sociologie de la pratique du libéralisme.



Le débat sur le Forum (créé par le réseau R2) est lui aussi très enrichissant, il y a certes des lignes de partage entre les idées, mais aussi entre sympathisants et militants.
S'il est plus facile de prendre une posture et d'être puriste quand on est à l'extérieur du parti, il est du coup plus difficile de trouver un compromis.
Ce forum beaucoup plus large que le courant R2, doit continuer d'exister il permet de rassembler au-delà du parti, il est un facteur de développement et de richesse pour les uns et les autres.



J'ai fait le test, pour savoir où j'étais le résultat : plutôt de gauche, le logiciel ne peut me rattacher à aucun parti politique.



Concernant le livre, c'est vrai que au départ je l'avais pris à tort comme un avant-programme de R2, mais en fait il apparaît être plus un recueil de textes théoriques et politiques de libéraux progressistes pour reprendre de mémoire les termes de Christophe CHOMANT, notre cher éditeur et rédacteur en chef. Du coup, l'urgence de sa publication me paraît moins grande que ce que nous avions annoncé, d'autant que je pense que notre objectif pour le moment est de grossir pour peser dans la balance des présidentiables, les investitures pour les législatives sont faites, il va sans doute y avoir une recomposition des courants après le vote des militants, les lignes peuvent bouger et de beaucoup. Nous devons être présent au sein du PS.
Je pense que notre travail rédactionel devrait plus se porter sur notre plateforme (les dix mesures ...), sur un travail en section où nous devons mettre en avant nos idées. La sortie de ce livre n'a pas d'intérêt spécifique avant le vote des militants.



Amitiés socialistes et libérales



Jean-Louis LE BERRE
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MessageSujet: Re: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 16:00

Bonjour,

je trouve le point de vue de JFP, JLB, DG et des autres défenseurs de l'option
"politicienne" tout à fait valable en principe. Ce qui me dérange c'est que
vous en tirez des conclusions qui ne vont pas d'elles-mêmes.
Certes, il y a une différence entre une pensée théorique et un discours
électoral. Les buts de l'une et de l'autre sont différents, c'est vrai.
En même
temps ce que nous autres défenseurs de l'option "radicale" tenons pour évident
c'est que le discours électoral ne doit pas trahir la pensée théorique. Et là
nous ne sommes pas d'accord.
"Pragmatique", ça ne veut pas dire "libéral", point. "Pragmatique" désigne une
éthique selon laquelle la valeur d'une proposition ne se mesure qu'à la valeur
de son résultat. Autrement dit, si le résultat est moral, les moyens sont
moraux. Peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse. La fin justifie les
moyens. Etc. Le problème avec le pragmatisme, c'est que de nos jours à
peu près
tout le monde est pragmatique. En effet, si on pense que le résultat d'une
action sera moral, qu'il sera "bon", on est pragmatique. Villepin peut donc se
dire pragmatique. Et Fabius peut se dire socialiste pragmatique, puisqu'il
prétend être sérieusement convaincu qu'il faut raser gratis pour que
tout aille
bien.
Bref, pragmatique, ça ne veut rien dire parce qu'on ne sait pas ce que pensent
vraiment les politiques. Libéral, par contre, ça veut dire quelque
chose, parce
qu'on peut juger les politiques elles-mêmes, plutôt que les intentions.
Encore une fois, il faut arrêter de tromper le client sur la
marchandise. Le PS
ne peut pas construire un succès durable sur cette manière de procéder.
Dans la
France de 2007, la franchise sera rare donc chère. Les jeux sur les mots, les
faux semblants, les insinuations, il y en aura à profusion, ça ne vaudra rien,
ça n'intéressera personne.
Autre chose, la "cible" de JMB, c'est quoi au juste ? N'importe quel
électeur ?
N'importe quel socialiste ? Il faut être raisonnable, nos propositions
n'intéressent pas tout le monde de la même manière. Nous avons un gros
potentiel de séduction vis-à-vis d'un certain segment de l'électorat, et
vis-à-vis d'un certain segment du PS. J'aurais tendance à croire que ces deux
groupes coïncident à peu près, mis à part un contingent d'UDF que l'on
pourrait
aisément séduire. Quelles sont les caractéristiques de ce public ? Il est plus
éduqué que la moyenne, plus ouvert d'esprit, plus jeune, et plutôt plus riche
(c'est comme ça, qu'on le veuille ou non). Ce ne sont pas des gens
susceptibles
de s'effaroucher longtemps devant un mot comme "libéral". Ce sont au contraire
des gens qui sont susceptibles d'apprécier à sa juste valeur une proposition
audacieuse et novatrice.
Pourquoi croyez-vous que Ségolène Royal est si populaire ? Parce
qu'elle incarne
un changement, pas besoin de chercher plus loin. On en a marre des consensus
mous, des discours lénifiants, des caresses dans le sens du poil.
Les discours du type Libéral=Madelin sont une preuve effarante de
l'endoctriment
collectif dont nous sommes victimes. La vulgate médiatique a fait pas mal de
dégâts, à ce que je vois. Nous n'osons même plus défendre nos convictions, nos
idées, parce que nous avons peur de ne pas être capables de justifier nos
points de vue, peut-être ? Si c'est le cas, eh bien il faut alors débattre
davantage. Si ce n'est pas le cas, alors pourquoi n'irions-nous pas ENFIN en
première ligne ?
Il s'agit de proposer de nouvelles idées pour le PS. C'est bien ce que
l'électorat demande. Il veut de la part du parti *socialiste* des idées
adaptées à notre temps, des idées *libérales*. Je ne vois pas
d'incompatibilité
là-dedans. Personne n'a demandé à personne de citer Hayek dans un discours du
PS. Personne n'a demandé à personne de défendre le laisser-faire comme panacée
universelle.
Le mot "libéral" est un beau mot. Il porte un message de liberté et de
générosité. Il a pour lui une part glorieuse dans l'histoire de France. Il
représente cet optimisme des Lumières que la France d'aujourd'hui peine à
retrouver. Je refuse de laisser à des néo-bolcheviks incultes le droit de
diriger le débat sur la question. La liberté appartient à tout le monde, le
libéralisme à tous ceux qui veulent défendre cette liberté, pas à ceux qui
veulent la supprimer. Chaque fois que le PS nous lache là-dessus, je me sens
trahi. Et je sais que je ne suis pas le seul.
Bien cordialement,

LPhC.
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MessageSujet: Re: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 16:03

Tout d'abord Merci à Louis-Philippe CARRIER pour le texte de Raymond BOUDON que je trouve très pertinent, excepté le titre ; en effet j'aurais plutôt intitulé cet ouvrage par souci de prosélytisme et de provocation :
"Les vrais intellectuels devraient aimer le libéralisme."

Pourquoi j'aime ce texte ?

D'une part d'un point de vue pratique ce texte me semble être une base efficace pour un didactique pragmatique du libéralisme : prolongement politique des idées. Elaboration d'une vulgate socialiste libérale.
Je ne suis pas un spéciliste, mais à mon sens chez Jaurès et dans les fondements du socialisme nous retrouvons cette notion de l'homme. Et dans un souci de rallier les termes et les idées, nous pourrions presque affirmer que le socialisme est par essence même libéral, au moins du point de vue sociologique.
J'aimerais à ce sujet que l'on remette en avant les propos de Ségolène Royal (n'oublions pas les prochaines échéances) sur la responsabilité des individus (et en particulier des délinquants) par opposition à la thèse "c'est la société qui est responsable" très répandue à l'extrême gauche et trop reprise par une partie du PS.

D'autre part, Raymond BOUDON, tout en restant très optimiste par rapport au libéralisme, n'occulte pas la difficulté à faire passer le libéralisme rapidement dans les esprits (des intellectuels), qui apparaissent fermés, voire retors. Il voit une génération ou deux avant les intellectuels comprennent les choses.

Ma conclusion, un peu confuse mais il y a à peu près tout :

Nous n'avons pas le temps.
Le libéralisme ne passera pas par les intellectuels, car ceux-ci ne l'aiment pas culturellement.
Le libéralisme ne passera pas par le reste des électeurs, car ceux-ci entendent libéralisme économique, c'est à dire chômage, délocalistaion, le mal, les EU. Ils se trompent je sais mais personne ne peut mettre la marche arrière.
Pragmatiquement, il est plus facile de convaincre les classes moyennes du bien-fondé de la responsabilité individuelle.
Pour ce qui est des intellectuels, je pense que Louis-Philippe CARRIER devrait pouvoir nous aider.

Le terme socialisme englobant à mon sens la notion de libéralisme, il me paraît superfétatoire de le rappeler dans l'intitulé de notre action. En revanche je trouve que le terme pragmatique et tout à fait adapté à notre démarche dans le sens où le socialisme pragmatique s'oppose aux socialismes dogmatiques : qui engloberaient lui-même le socialisme collectiviste et liberticide du PC, le socialisme écologique des verts, le socialisme étatique de Fabius, le socialisme libertaire de la ..., le socialisme keynésien de DSK, le socialisme 'je mange à tous les rateliers de la motion 1' et voire même le socialisme libérale, qui lui même peut devenir un dogme.
Le socialisme pragmatique que nous proposons est un socialisme libérale, qui n'hésitera pas à utiliser les ressources d'autres systèmes si le besoin s'en fait sentir.



Jean-Louis LE BERRE
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MessageSujet: Re: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 16:04

Juste quelques remarques en vrac :

- Je ne sais pas si c'est si mal parti que cela du côté des intellectuels. Les
universités sont truffées de libéraux convaincus. Les nouvelles générations
d'universitaires en sciences sociales en sont majoritairement composées. Le
problème est qu'ils sont concentrés dans les facultés de droit et d'économie,
hormis quelques philosophes et sociologues qui n'ont pas peur de se faire
lyncher. Pour ce qui est des économistes, ils essaient de participer au débat
politique français, mais encore timidement. L'économie est quelque chose de
très nouveau en France. Les media font encore passer les économistes comme des
rhéteurs ou des magiciens, en leur demandant soit des opinions
politiques, soit
des prédictions. Dans un cas comme dans l'autre, on s'écarte du coeur
du métier,
et les spécialistes interrogés passent pour des guignols ou des sbires
de tel ou
tel parti. En ce qui concerne les juristes, ce ne sont à la base pas des
habitués du débat public. En outre ils ont tendance à donner à "libéral" un
sens restreint, ce qui leur permet de ne pas s'attirer d'animosités (voir
ci-dessous). Enfin, les juristes sont souvent de droite, donc pas d'une grande
assistance pour ce qui nous concerne.

- Dans le message de Jean-Louis, mais de divers autres avant lui, il y a une
allusion à un "libéralisme économique" (d'autres ici l'ont sûrement appelé
néo/ultra, ou par d'autres sobriquets qui ne me reviennent pas à
l'esprit), qui
serait mauvais, par opposition à "ce-que-nous-prônons", qui est
évidemment bon.
J'aimerais que quelqu'un m'explique si et pourquoi nous cherchons à ce point à
séparer le bon grain de l'ivraie, comme ça, a priori, hors contexte et en
sachant pertinemment que rien n'est jamais si simple. Pour ma part,
tout ce que
je sais c'est qu'il y a des libéraux, et des gens qui se disent libéraux, qui
pensent parfois autrement que moi. Je sais aussi que ce qui nous sépare n'est
pas toujours un rapport à l'économie. Enfin, j'ai parfois l'humilité
d'admettre
qu'il est possible qu'ils aient plus souvent raison que moi, j'attends juste
qu'ils me le prouvent. Je trouve assez risqué de dire que le libéralisme
économique c'est mal, alors que le libéralisme non-économique c'est bien. Ca
veut dire quoi, "économique", au fait ? Je peux vous donner la réponse,
mais ce
n'est pas là que je veux en venir (donc si ça vous intéresse, regardez par
exemple ce qu'en dit Carl Menger - c'est dispo libre de droits, sur internet).
Je veux dire que la distinction est plus que difficile, elle est impossible.
Dans "économique", il y a avant tout l'idée d'allocation (c'est pour ça
que les
économistes citent souvent Aristote). Le droit, la politique, ça a
toujours une
dimension allocative donc économique. Donc si les discours libéraux ont tendu
vers l'économique, ce n'est sans doute pas pour rien. La restriction d'une
liberté économique passe par d'autres restrictions. Si demain Arlette
Laguiller
était présidente, elle supprimerait la liberté de mouvement des
capitaux. Et si
les détenteurs de ces capitaux refusaient ce diktat, que ferait-elle si elle y
tenait absolument ? (d'une certaine manière, nos amis russes ont eu à peu près
74 ans pour méditer cette question). C'est un point assez difficile à
expliquer, mais en prenant des archétypes c'est peut-être plus intuitif. Le
monopole d'EDF, par exemple, privait des tas de gens de droits pourtant
tout-à-fait légitimes : le droit de monter une entreprise d'électricité, le
droit de se fournir en énérgie exclusivement renouvelable, le droit de se
fournir en élecricité selon certaines modalités qu'il est impossible de
négocier avec EDF, etc.

- En fait, le libéralisme est une question, pas une affirmation. C'est pour ça
que le libéralisme peut éviter de devenir une idéologie. On cherche à
savoir si
les règles en vigueur dans la société sont vraiment celles qui
garantissent une
juste répartition des droits entre les personnes. A cette question il y a
diverses façons de répondre. Certaines sont plus cohérentes que d'autres,
certaines sont plus compatibles avec d'autres visions du monde que d'autres,
etc. Mais dire "moi j'ai raison", c'est un peu embêtant. Je trouve très bien
qu'il y ait plusieurs propositions libérales : des libéraux de gauche,
attachés
à une vision plus rawlsienne du monde ; des libéraux de droite,
traditionnalistes (hayekiens) ; des libéraux anarchistes (nozickiens) ;
etc. On
peut ainsi comparer les propositions entre elles, les améliorer.

- En faisant le choix d'une position politique (progressiste, de gauche,
socialiste, etc.), nous prenons un risque, intellectuellement parlant.
Car nous
supposons plus ou moins acquise une certaine idée de la justice. Il est
bon d'en
être conscient. Nous devons éviter de représenter la réalité comme elle nous
arrange. Cela ne nous empêche pas d'avancer dans notre définition du chemin
vers la société juste. Nous devons prendre ce risque, car nous sommes ici dans
l'action politique, pas dans la "simple" philosophie. Simplement, il faut que
nous soyons en mesure de nous rendre compte de notre erreur lorsque nous la
commettrons.

Voilà pour aujourd'hui...
Amicalement,

LPhC.
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MessageSujet: Re: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 16:05

A lire dans libé : "Le PS ne pourra gagner que lorsqu'il aura cessé de faire
du marché un épouvantail -
Sortir de l'idéologie de préau"
Par Zaki LAÏDI
QUOTIDIEN : Vendredi 25 août 2006

http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/200340.FR.php

Yannick
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MessageSujet: Re: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 16:06

Excellent comme souvent, Zaki Laïdi , citons deux passages, qui sont un peu l'ossature de ce que (j'essaye) d'écrire sur "sortir du chomage"

"Il est, par exemple, déraisonnable de penser que le fait que 40 % de la population en âge de travailler soit sans emploi résulte d'une politique néolibérale. Cela a à voir avec le malthusianisme profond des élites françaises et à l'extraordinaire difficulté à faire pénétrer en France ­ y compris dans son administration ­ les logiques d'incitation.
(...)
Certes, la gauche peut penser ou faire penser que la montée de la précarité ou que la persistance d'un fort chômage sont le résultat de politiques néolibérales. Mais tout le monde sait ­ y compris à gauche ­ que cette interprétation n'est pas crédible. L'existence d'un chômage élevé et d'un sous-emploi considérable est le résultat d'un dysfonctionnement du marché du travail où la protection de ceux qui ont un emploi stable accroît la précarité de ceux qui sont en dehors de cette protection."


Je me permet de rappeler l'existence, à l'initiative de Zaki Laïdi de Telos http://www.telos-eu.com/
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MessageSujet: Re: Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme   Mar 5 Sep - 16:06

Cher Louis-Philippe,

Juste quelques remarques:
Ce n'est pas moi, mais Boudon qui pensent qu'il faudra une génération ou deux avant de convaincre les intellectuels du bien fondé du libéralisme ou plutôt comme il le dit pudiquement d'arrêter d'être des illibérales. Personnellement je ne sais pas. Peut-être que seules les nouvelles générations sont libérales ? Ce qui ne représenteraient qu'une faible partie des intellectuels.

Pour ma part je prends et j'adhère à l'ensemble du libéralisme, je ne le saucissonne pas :
Dans mon dernier message pour faire bref, Quand je parle du "libéralisme économique", je veux simplemement définir ce que l'extrême-gauche et aussi une partie du PS présentent comme un risque. Je sais bien qu'il s'agit d'une manipulation monstrueuse (monstrueuse parce que grottesque et répandue).
Dans la tête des gens le mot LIBERALISME est associé à CHOMAGE et INJUSTICE. La faute à qui ?
Sans doute
à une (grosse) partie des intellectuels : voir BOUDON, écoutons aussi France Culture, Michel Onfray (orthographe incertaine) à l'université populaire de Caen,
et aussi à une partie de la gauche
et aussi un bon morceau de la droite et de l'extrême droite.
Ca fait pas mal de monde contre un mot ! Non ?
C'est pourquoi, je méfis du mot pas de son contenu.

N'oublions pas non plus que ce qui a fait basculer la balance pour le NON au référendum sur le TCE, c'est le cacactère libéral de la constitution. Une partie de l'opinion s'est appuyé sur cette notion relayée par qui nous savons.
N'oublions pas que quand le libéralisme est né, la démocratie telle que nous la connaissons n'existait pas.
N'oublions pas non-plus le pourcentage la motion 4 - pour un socialisme libéral.
N'oublions pas que culturellement le français n'est pas habitué à prendre des risques. Tout est fait pour l'en dissuader, je suis bien d'accord que nous ne sommes pas dans une situation de concurrence saine et non-faussée. Toi même tu l'as bien compris. Moi qui me suis hasardé sur des chemins très concurenciels je le comprends bien chaque jour et de mieux en mieux.


Ce que je dis aussi, c'est qu'une socialiste, qui dit que ce qui est fait en Angleterre par Tony Blair peut être appliqué en France avec bonheur pour partie, (grosso modo le libéralisme économique). Quand on a la chance que cette même socialiste pense qu'il faut responsabiliser l'individu et punir les incivilités. Que cette femme pense que c'est à l'état de prendre en charge l'injustice et qu'il faut récompenser les gens au mérite.
Que d'une façon provocante à l'envi pour ceux qui savent lire entre les lignes, cette socialiste est profondément libérale.
Que par chance cette socialiste est présidentiable, et qu'elle rassemble sur ces seules idées pour le moment une grosse partie du PS et une grosse partie de l'électorat français.
Je vais retenir ma joie en espérant que celà dure.
Ce que je dis aussi, c'est que les socialistes du PS vont peut-être choisir la seule personne présidentiable qui défend ouvertement le libéralisme parmi tous les candidats déclarés toutes tendances confondues.
Ce que je vois aussi : c'est que des socialistes, au lendemain d'une catastrophe électorale interne 1% des voies pour les libéraux, se sont dit nous avons raison, et nous allons le faire valoir.
Nous savons d'ores et déjà que nous pesons plus que celà. Nous savons que ceux qui prétendaient imposer un PS "à gauche toute" sont en passe de perdre.
Ce que je vois aussi, c'est que le PS, est un le seul parti qui permettent aux militants de démocratiquement s'exprimer et confronter leurs idées en interne.
Ce que je vois aussi, c'est que de nombreuses personnes non militantes dialoguent et souhaitent nous (PS ou R2) faire prendre des initiatives qui leur paraissent bonnes.

Tout celà pour moi va dans le bon sens, j'en suis heureux. Je crois simplement que nous devons aussi la vérité aux personnes qui nous interpellent et nous avons intérêt à leur faire savoir.


Donc j'ai la faiblesse de penser que le PS n'est pas un aussi mauvais parti que ça et que nombre de procès qu'on lui fait ne sont pas justifié.

Maintenant, je ne prouve rien je le reconnais. En politique dans une démocratie tout passe par le vote.
La preuve nous l'aurons avec le résultat des futures élections.
En politique, il faut aussi mettre en oeuvre des idées, ce n'est pas facile, il suffit de voir l'état des réformes aujourd'hui.


Jean-Louis LE BERRE
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Le positionnement de R2 par rapport au libéralisme
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